Zoom sur l’habitat !
Le sujet vous intéresse et vous disposez d’un peu de temps pour creuser cette thématique ? Ce dossier spécial est fait pour vous ! Nous y partageons nos dispositifs socles et nos expérimentations.
L’État a créé début 2024 une nouvelle aide légale « Ma Prime Adapt’ », délivrée par l’Anah, pour aider financièrement les seniors à revenus modestes et très modestes du parc privé à financer les travaux d’adaptation de leur logement.
Voir le dispositif mis à jour en février 2026 (PDF, 7.84 MB)
Pour répondre aux situations où l’adaptation du logement n’est pas envisageable, il est indispensable d’élargir les solutions mises à disposition. Certains retraités, en raison d’un isolement marqué ou d’une fragilité économique, ont besoin d’accéder à d’autres formes d’habitat social, capables de concilier intimité, sécurité et vie collective.
C’est dans cette perspective que l’Assurance retraite Sud-Est renforce son engagement en faveur des habitats intermédiaires, situés entre le logement classique et l’EHPAD. En 2025 comme en 2026, une part importante des financements est ainsi dédiée à ces alternatives, notamment à travers le Plan d’aide à l’investissement destiné à moderniser et réhabiliter les résidences autonomie du territoire Sud‑Est et Corse.
À ces investissements s’ajoutent des aides spécifiques dédiées aux autres formes d’habitats intermédiaires à vocation sociale : subventions et prêts sans intérêt permettant d’élargir réellement l’offre accessible aux retraités les plus vulnérables.
22 projets ont été soutenus pour une enveloppe totale de 8 455 504,02 €.
En 2026, un nouveau plan d’aide à l’investissement sera déployé dès la fin du premier trimestre, sur la base d’un cahier des charges actuellement finalisé au niveau national. Il poursuivra la même ambition : offrir aux retraités des solutions d’habitat adaptées, variées et ouvertes sur la vie sociale.
Changer de logement, à tout âge… oui mais … le sujet est complexe, par où commencer ?
C’est tout l’objet de l’expérimentation “mobilité résidentielle” portée par la Carsat Sud Est : accompagner les seniors du parc social conventionné pour que leur déménagement — ou leur réaménagement — se fasse sans stress et sans reste à charge.
Avec My Jugaad, spécialiste de l’accompagnement humain et logistique, le dispositif agit en trois étapes :
- coordination et évaluation des aides,
- aide concrète au tri et au désencombrement,
- puis installation dans le nouveau logement.
Un soutien précieux pour des personnes souvent isolées, freinées par l’attachement à leur domicile, le coût, la complexité administrative ou simplement l’absence d’aide.
L’expérimentation financera 30 accompagnements, incluant jusqu’à 20 heures d’intervention selon les besoins, pour sécuriser les mobilités internes, les entrées dans le parc social ou les déménagements liés à des réhabilitations.
Une démarche simple, humaine, et surtout pensée pour que la transition se fasse sans heurts… et avec un peu plus de sérénité.
À Marseille, l’Équipe Diogène et Incurie (EDI) intervient là où l’accumulation, l’isolement et la perte d’autonomie rendent les situations particulièrement complexes.
Unique en France, ce dispositif mobile soutenu par la Carsat Sud-Est accompagne les retraités marseillais vivant avec le syndrome de Diogène ou dans un habitat très dégradé, en alliant présence à domicile, expertise psychosociale et travail patient d’adhésion. Ils sont repérés par les professionnels du secteur social (évaluateurs / SAAD), bailleurs sociaux, aidants proches.
En 2025, l’EDI a déjà soutenu 65 personnes, majoritairement âgées, avec une durée moyenne d’accompagnement de 23 mois, signe d’un travail en profondeur. Ses actions apaisent les tensions de voisinage, facilitent l’accès aux soins et aux droits, et contribuent à sécuriser le maintien à domicile.
Au-delà des interventions individuelles, l’équipe forme aussi les professionnels du territoire : des sessions de sensibilisation « Diogène et Incurie » gratuites sont proposées. Elles permettent de mieux repérer, comprendre et orienter ces situations souvent complexes.
Souhaité par de nombreux acteurs, le dispositif poursuit son développement… et continue, jour après jour, à redonner un peu d’espace — et d’air — à ceux qui en manquent le plus.